
Marion SAINTGERY Psychologue clinicienne – Thérapeute de couple et de famille – Spécialisée dans les problématiques de l’expatriation et l’accompagnement des humanitaires sur le terrain.
Je reçois de plus en plus de demandes de parents, en contexte d’expatriation, pour leurs enfants « en crise », « colériques », qu’ils souhaitent amener en séance individuelle afin qu’ils soient diagnostiqués. Ce sont des demandes auxquelles je réponds sous une autre forme, pour plusieurs raisons : Il est pour moi difficile d’envisager l’enfant sans son environnement. L’implication des parents dans le soin psychique de leurs enfants me semble indispensable. Toute avancée en thérapie individuelle pour un enfant peut être considérablement fragilisé au retour chez lui, celui-ci étant tenté de remettre en place des aménagements défensifs nécessaires pour tolérer les problèmes relationnels avec son environnement, sa famille. Les parents sont donc nos alliés thérapeutiques et ne sauraient être écartés. D’autre part, je favorise au maximum, dans la mesure du possible, le travail uniquement avec les parents, en amont, afin d’éviter toute stigmatisation de l’enfant. Enfin, ce cadre me semble d’autant plus indispensable que je suis majoritairement confrontée dans ces situations à des parents démunis et perdus.
Les parents d’aujourd’hui sont souvent sujets au doute. La psychologisation à outrance des médias les a conduits à lire, regarder les émissions pour « mieux éduquer » et cette surexposition les plonge de plus en plus dans une crainte de mal faire. Chacun se retrouve à devoir légitimer sans cesse sa manière d’éduquer son enfant. Entre éducation conservatrice stricte et éducation positive voire laxiste et permissive, les nouveaux parents oscillent, tout en ayant conscience des limites de ces deux systèmes. Ils se retrouvent menottés dans l’exercice de leur autorité et confrontés à une page vide : comment inventer une façon d’éduquer plus adaptée au monde d’aujourd’hui ? Dorénavant, chacun doit inventer son rôle de parent, la place qu’il occupe. Certains sont désemparés voire démunis face aux trésors d’oppositions que développent leurs enfants. Ils n’osent plus agir, le marché de la culpabilisation des parents étant telle, qu’ils perdent parfois leur bon sens. Cette perte de légitimité du parent entraîne de nombreux troubles de comportement des enfants, pour lesquels nous sommes de plus en plus sollicités, et qui pourtant semblent tout avoir pour être heureux. La mode actuelle est alors de se tourner vers l’explication diagnostique. Bien trop souvent, ces enfants « mal limités » font l’objet d’un diagnostic erroné de TDAH (trouble de l’attention avec hyperactivité), par exemple, pour ne citer que lui, et qui cache souvent une simple problématique éducative.
Les choses se compliquent considérablement lorsque ces parents, déjà en proie à ces interrogations éducatives, se retrouvent plongés dans le milieu de l’expatriation. En effet, s’expatrier confère des avantages considérables comme celui de la découverte et de tout ce que cela suppose d’apprentissages, d’adaptabilité, de la possibilité de se réinventer à différents niveaux, libérés des représentations de l’entourage sur sa propre histoire. Mais cela peut entraîner également tout un lot de désavantages comme la perte de repères, failles identitaires, baisse de l’estime de soi, dépression, etc. Confrontés à une perte d’appartenance, il arrive que certains parents déjà fragilisés, se sentent perdus une fois sur place, et questionnés dans leur légitimité parentale.
- Loin du contenant d’une famille élargie, ils ne peuvent plus se tourner vers eux pour demander de l’aide.
- Chamboulés dans leur identité propre, ces parents se sentent trop vulnérables pour poser des limites et des repères à leurs enfants.
- Cadrer présente à leurs yeux une menace de désamour et un risque de souffrance pour l’enfant. Ils sont aux prises avec la culpabilité d’avoir éloigné leurs enfants du reste de la famille, de leurs amis, de leurs repères, et ont tendance à projeter sur eux leur propre angoisse. Il devient alors très compliqué pour les parents de se sentir légitimés à dire non à leurs enfants. Ils ont déjà le sentiment des les avoir privés de leurs racines, il est donc exclu de les frustrer davantage.
- Le contexte d’expatriation a souvent pour conséquence une omniprésence à la maison de l’un des parents, encore souvent la mère. Ayant perdu son appartenance professionnelle et sociale, elle aura tendance à surinvestir l’enfant. Dans ce contexte, la fonction paternelle séparatrice a du mal à se faire une place, car le conjoint sent bien que ce rôle de mère prend une fonction structurante.
C’est ainsi que certains de ces enfants se retrouvent érigés au statut d’enfant roi, renforcés dans leur toute puissance par des parents en proie au doute, qui s’évertuent à tenter de combler leurs supposés manques et à les frustrer le moins possible. Il n’est pas rare d’assister à des scènes de sortie d’école pendant lesquelles les parents sont piétinés, disputés, bousculés par leurs enfants, sans qu’ils semblent trouver cela inapproprié. Certains de ces enfants décident de tout. Les parents leur demandent leur avis, sur des questions qui concernent en premier lieu les adultes, comme le lieu de la sortie en week-end, l’heure à laquelle ils voudraient se coucher, le moment idéal pour les récupérer à l’invitation d’anniversaire, sachant qu’il y aura de toutes façons un caprice au moment du départ. Un grand pouvoir décisionnaire est donné à l’enfant, ce qui est angoissant pour lui, car cela lui ôte l’insouciance et l’alourdit de responsabilités.
Je garde le souvenir ému d’une famille expatriée constituée de 3 garçons très insolents et agressifs et d’un couple parental en grande difficulté. Il arrivait que ces trois enfants se plantent au beau milieu de l’école et refusent d’entrer en cours, sans que personne ne comprenne pourquoi : il se trouve qu’ils faisaient grève, lorsque les parents avaient oublié de les payer pour aller à l’école. Le jour où l’un des garçons a giflé sa mère à la sortie de l’établissement parce qu’elle était en retard, les parents se sont décidés à consulter: » Vous savez, on a tous les deux eu des parents très sévères et autoritaires. Il ne fallait pas broncher. Merci, non, ce genre de rapports nous refusons de les établir avec nos enfants ! Contrairement à eux, on est à l’écoute. On ne comprend pas pourquoi ils sont tellement durs avec nous ».
Lorsque ces parents viennent consulter, c’est parce que leurs enfants se sont petit à petit installés dans des conflits autour du sommeil, de l’alimentation, de l’acquisition de la propreté, d’autonomie, de problèmes de limites (insolence, agressivité, violence), de problèmes scolaires. Ces enfants et adolescents qui n’ont pas ou peu connu de limites éducatives ont du mal à nouer des liens tant ils se sentent désaccordés des codes de bienséance. Ils ont eu le loisir d’agresser verbalement quotidiennement leurs proches, parfois même physiquement, et donc ne sont pas entraînés à contenir leur agressivité. Cela a des conséquences dans leur propre réseau social car étant transgressifs, ils ne sont plus invités à jouer dans la cour, ni invités aux anniversaires, désinvestis par les enseignants… Sans cadre limitant, les enfants se montrent très excités. Cette excitation amène avec elle une vague d’insécurité : si personne n’a la force de les limiter, qui va les protéger ? se demandent-ils. Ils se sentent en proie à tous les dangers du monde. Ils ont peur du climat, des voleurs, que leurs parents sortent dîner, que tout le monde meure dans leur famille, d’aller se coucher…
C’est dans ce contexte et face à la fréquence de ce type de demandes, que j’ai mis en place un protocole de soutien à la parentalité en contexte d’expatriation afin d’aider les parents à reprendre leur place, faire émerger leurs compétences et reprendre confiance en leurs capacités éducatives.
Il s’agit, à travers ces étapes, d’apprendre à différencier amour et éducation, de sorte que cadrer et dire « non » ne soit plus synonyme de désamour dans leurs propres représentations. Il est important avant tout de faire comprendre aux parents le besoin de limites éducatives de leurs enfants, c’est-à-dire la nécessité d’apprentissage de la frustration. C’est un sujet extrêmement sensible et douloureux. Il ne s’agit pas que le parent déjà culpabilisé le soit doublement par la thérapie. Par son comportement, l’enfant envoie un message et montre simplement au parent que ce qui lui est proposé comme modèle n’est pas adapté à ses besoins. Il est crucial de comprendre que le rôle parental ne consiste pas seulement à être aimants, mais aussi à établir des limites claires et cohérentes. Éduquer un enfant, c’est lui offrir des repères qui l’aideront à s’intégrer dans la société. En fin de compte, l’éducation ne doit pas être une question de permissivité, mais plutôt un équilibre entre bienveillance et autorité (à ne pas confondre avec autoritarisme. Donner de la structure ne signifie pas être rigide et sévère), permettant ainsi aux enfants de devenir des individus équilibrés et résilients.
Le protocole que j’ai établi contient plusieurs étapes.
- Travail sur le sentiment de légitimité des parents et explication de la fonction des limites.
Mettre des limites à ses enfants implique de se sentir le droit de le faire, de se penser « légitime » dans sa place de parent. Beaucoup des parents qui consultent disent avoir eux-mêmes souffert de la tyrannie des adultes et ne pas vouloir faire subir ce qu’ils ont eux-mêmes subi. Il convient de comprendre l’histoire constitutive des deux parents.
Pour mettre sans trop d’angoisses des limites à ses enfants, il faut aussi savoir à quoi elles servent. Les parents ont souvent l’impression qu’ils les mettent pour eux, pour « avoir la paix » ou pour adapter leur enfant à la société. Ils ont donc mauvaise conscience, peur de lui faire violence, d’aliéner sa liberté, de casser sa personnalité. Peur d’abuser de leur pouvoir.
Il est expliqué aux parents qu’un enfant sans limites n’est pas » libre « , car il est l’otage de ses pulsions, et il vit dans l’angoisse. Livré à lui-même, il n’a pas d’autre guide que sa satisfaction immédiate. Il veut quelque chose ? Il le prend. Il n’est pas content ? Il frappe ou casse. L’enfant à qui l’adulte ne met pas de limites n’apprend jamais à s’en mettre à lui-même. Il est comme emporté par ses envies. Incapable de se contrôler, il vit dans l’angoisse.
Il s’agit, lors de cette étape, de faire comprendre aux parents qu’un adulte laxiste n’est pas un adulte rassurant pour un enfant. Les enfants, d’ailleurs, savent intuitivement l’importance des limites car ils les réclament. Pousser les adultes à bout est en général, pour eux, une façon de d’en demander.
- Travail « d’observation » du thérapeute :
Il est demandé aux parents de faire un déroulé chronologique de la journée, selon un procédé particulier proposé par le thérapeute, du lever au coucher. Il s’agit là de comprendre comment fonctionne la famille et comment arrivent les crises.
Comment se réveillent ils et à quelle heure ? Faut-il revenir plusieurs fois ? (On apprend que c’est souvent les enfants qui réveillent les parents, quand ils ne dorment pas avec eux). Est-ce qu’ils s’habillent seuls ? Vêtements préparés la veille ou le jour même ? Qui prépare le petit déjeuner ? Est-il pris en famille ? Dans quelle ambiance ? Est-ce que les enfants mettent ou débarrassent la table ? Préparation du cartable la veille ou le jour même ? Configuration de la maison, chambres, qui dort avec qui ? salle de jeu ? Activités ? Même chose pour le retour du midi ou après-midi. Qu’est ce qui est attendu d’eux dans les rituels de retour à la maison ? Lavage de mains ? Un temps pour jouer ? Devoirs dans l’immédiat ou plus tard ? Seuls ou avec un parent ? Ou est posé le cartable ? Accès aux écrans ? TV, portables, ordinateurs et où sont-ils situés dans la maison ? Entretien de la chambre ? Faut-il faire le lit, et qui ? Heure de douche, rituel de diner (en famille ?), rituel de coucher et horaire et toutes les résistances auxquelles ils sont éventuellement confrontés. Est-ce qu’il arrive que les parents sortent ? Qui intervient pour les garder et comment ça se passe ?
Il est important de questionner l’espace intime des parents dans la maison, leurs possibilités de sorties et la fréquence. La question de la place laissée aux week-ends sans les enfants en expatriation est délicate, car l’éloignement avec la famille ne favorise pas beaucoup ces moments, laissant facilement imaginer aux enfants que leurs parents leurs sont entièrement dédiés.
- Travail sur la représentation des parents de « la famille idéale » :
Qu’est-ce qu’une famille idéale selon eux ? Quel modèle ont-ils reçu et quel modèle ont-ils fantasmé pour eux-mêmes au départ ? Quelles seraient les règles/modifications d’organisation qu’ils pourraient introduire dans leur quotidien afin de l’alléger ? Il s’agit là d’encourager la créativité des parents, en faisant appel à leurs modèles ou contre modèles et en valorisant leurs compétences parentales.
A cela s’ajouteront les propositions très pragmatiques du thérapeute au regard des disfonctionnements, discutées avec les parents, dans le respect de leur histoire et de leur culture familiale.
- Travail sur les mesures de rétorsion des parents :
Qu’est-ce qu’ils utilisent ? Dans quel contexte ? Qu’est ce qui marche et ne marche pas ? Qui des deux parents est vécu comme plus respecté, plus autoritaire ? Quelles sont les compétences de chacun des parents ?
Il leur est demandé de lister ensemble une dizaine de mesures de rétorsion, de la plus petite à la plus grande (à appliquer en fonction de l’intensité de la bêtise), en accord avec leurs valeurs et qu’ils puissent tenir jusqu’au bout. Sorte de « carton jaune » qu’ils pourront utiliser si besoin sans être dépassés ou culpabilisés par la menace qu’ils brandissent. L’idée étant évidemment de tenir cette mesure jusqu’au bout.
Utilisation de la règle du 1,2,3. « 1 » – Calmement le parent rappelle la règle et le comportement attendu. « 2 » – il énonce de nouveau la règle et annonce quelle sera la mesure de rétorsion si l’enfant persiste. « 3 » – Le parent applique la punition.
- Tâche à faire à la maison : La réunion familiale
Il est demandé aux parents de faire une réunion familiale au cours de laquelle les enfants auront d’abord la parole. Les parents devront demander aux enfants ce qu’ils ont compris que l’on attend d’eux du lever au coucher et plus généralement ce que l’on attend de leur comportement. Ils vont lister (pour les plus grands), dessiner pour les plus petits, sur une même grande feuille, ce qu’ils identifient comme les tâches et comportements attendus sur le déroulement de la journée. Le moment est censé être ludique et détendu. Ex : On doit se lever à 7h, s’habiller et descendre prendre notre petit déjeuner. Ensuite, on doit mettre notre goûter dans nos cartables et aller se brosser les dents…etc.
Ils vont également lister sur une autre feuille les valeurs et les règles familiales « on doit – on ne doit pas ». C’est l’occasion pour l’ensemble du groupe de rappeler les valeurs de respect, de non-violence, de politesse et d’hygiène.
Dans un deuxième temps ; les parents vont intervenir et ajouter ce qui aura été oublié et/ou annoncer les nouvelles règles de la maison qui seront notées sur cette production familiale. Les enfants peuvent être amenés à proposer des idées.
L’ensemble de ce travail, écrit et illustré par les enfants (en fonction de leur âge), sera affiché dans un endroit bien visible de la maison.
Il est annoncé aux enfants que si l’une de ces mesures n’est pas respectée à partir de maintenant, il y aura punition. (Il est demandé aux parents de ne pas annoncer la liste des punitions à l’avance).
Enfin, lors de cette séance, est mis en évidence l’importance d’encourager les enfants à grandir, surtout dans les cas de fratrie. En effet, les aînés peuvent être tentés de régresser, de faire des crises afin d’obtenir la même attention que reçoit nécessairement le plus petit. Différencier les enfants, par le fait qu’ils peuvent désormais prendre leur douche tout seul, se coucher un peu plus tard que les autres, redécorer leur chambre de « grand » sont des éléments essentiels qui rassurent.
Il est intéressant de noter que l’ambiance familiale change en général radicalement dès le lendemain, les enfants se prenant au jeu, allant jusqu’à rappeler parfois à leurs parents qu’ils n’ont pas respecté leur part du contrat. Évidemment, vient au bout de quelques jours/semaines, le moment pour les enfants de tester le cadre, d’où l’importance d’un accompagnement des parents dans ces premiers pas.
- Mise en pratique et accompagnement des parents
Au cours de ces séances, il est rappelé aux parents l’importance de l’encouragement et de la valorisation des enfants, la nécessité d’aller au bout de leurs décisions, de faire front ensemble et de ne pas discuter des décisions prises par l’un ou l’autre des parents devant les enfants. Il leur est conseillé de passer plus de temps individuellement avec chacun des enfants (5 à 15 min de ballon, un tour de pâté de maison, une sortie glace..) L’idée est de réintégrer des moments de plaisir, en dehors de la maison.
Il leur est rappelé d’appliquer la sanction immédiatement après que la règle a été enfreinte, et si l’enfant est jeune, de se mettre physiquement à son niveau afin de pouvoir lui parler yeux dans les yeux.
Le thérapeute demande aux parents de noter, entre les séances, les moments où ils n’ont pas réussi à faire entendre leur voix et pourquoi. L’utilisation de l’alternance parentale peut être intéressante lorsque la confiance est éprouvée entre les parents.
- 2 à 4 semaines plus tard, nouvelle réunion familiale.
Les enfants sont de nouveau amenés à prendre la parole. Les parents leur demandent ce qu’ils pensent de cette nouvelle organisation. Qu’est-ce qu’ils voient à améliorer ? Qu’est ce qui leur pose éventuellement des problèmes ? Les parents en font de même.
Dans un deuxième temps, les parents demandent aux enfants ce qu’ils ont compris de l’éducation qu’ils ont eux-mêmes reçue de leur grands-parents. C’est l’occasion de rattacher le groupe à une histoire familiale souvent méconnue des enfants, et ce d’autant plus qu’ils sont loin de leurs racines.
Ces dernières années, les limites parentales ont été assimilées à « un abus de pouvoir », comme s’il suffisait d’aimer ses enfants pour qu’ils s’épanouissent. Ce protocole de soutien à la parentalité a pour but de remobiliser la créativité familiale, déculpabiliser les parents et réintégrer le groupe dans son histoire et sa culture propre, ce qui peut être essentiel en contexte d’expatriation. Il tente d’aider les parents à reprendre leur place d’éducateurs. Il n’a bien sûr aucune visée normative. Il s’agit avant tout de décrypter le malaise familial et le message que le ou les enfants envoient aux parents à travers leurs oppositions, leurs crises et/ou leurs symptômes. Il est important de rappeler que ce n’est pas l’amour ici qui fait défaut mais la légitimité à tenir son rôle d’éducateur, à dire « non » quand on le juge nécessaire.